20 avril 2012

365 days down under... and back!


 
"La vie est un long champ à cultiver. 
Voyager, c’est y semer la diversité de la Terre. 
Voyager, c’est l’embellir des couleurs du monde." L. Lesven

Voilà maintenant 3 semaines que je suis revenue en France. Il est temps de publier un dernier petit article pour clore cette aventure d'un an. 
J'ai revu avec un immense plaisir certains d'entre vous et j'attends avec impatience de revoir les autres ! Il est étrange de revenir ici après un an passé loin de vous. La joie de revoir tout le monde et, passé les questions en tous genres, ce sentiment d'être partie la veille comme si une année n'avait duré qu'un seul jour. Il s'est passé plein de choses mais finalement rien n'a changé... Et c'est cela que j'apprécie : savoir qu'on peut partir loin pendant longtemps mais que loin de nous une famille, une maison, des amis seront toujours là, fidèles à ceux qu'on a laissés avant de partir.
J'avoue que j'ai quitté Melbourne avec un petit pincement au coeur. Seule dans mon bus direction l'aéroport, je traversais la ville et me revoyais un an auparavant, arrivant dans cette ville et m'émerveillant, d'une part d'être réellement là à l'autre bout du monde, et d'autre part de cette ville qui me faisait déjà me sentir bien dans ce nouveau chez moi. Un an après, je parcourais les mêmes rues en me disant que ce sentiment de bien-être ne m'avait finalement pas quitté pendant un an, même si cette expérience ne ressemblait en rien à ce que j'ai pu vivre auparavant.
Car partir un an avec en tête la folle idée de parcourir un territoire aussi grand, c'est accepter le fait d'être un nomade pendant tout cette durée, avoir le courage de faire le grand saut vers l'inconnu, apprendre à se débrouiller seule, construire de nouveaux repères, apprendre que chaque jour réserve une surprise - bonne ou mauvaise, apprendre à savourer chaque instant en se rappelant qu'on a de la chance d'être là - et se féliciter d'avoir provoqué cette chance. C'est également accepter de se sentir étranger, mais apprendre à s'adapter, à oublier ses habitudes pour au final s'approprier un lieu, des instants. Voyager, c'est également s'ouvrir aux autres, oublier ses a priori, être soi-même, et tisser des liens avec des gens - parfois diamétralement différents de nous mais devant qui on oublie d'être un "juge" pour nous intéresser à la personne et non à l'apparence.

 
"N'ayez jamais peur de la vie, n'ayez jamais peur de l'aventure, 
faites confiance au hasard, à la chance, à la destinée. 
 Partez, allez conquérir d'autres espaces, d'autres espérances. 
Le reste vous sera donné de surcroît." Henry de Monfreid


En partant loin avec dans l'optique de se déplacer beaucoup, il faut aussi songer à la question du bagage... Voyager avec un simple sac à dos (certes gros mais pas autant qu'on aimerait pouvoir porter), c'est se confronter à un choix matériel. Je me souviens de la veille de mon départ lorsque j'ai dû faire et refaire au moins 5 ou 6 fois mon sac en me demandant ce que je devais emmener. Pouvoir avoir plein de vêtements, plein de bibelots, une bibliothèque pleine de livres, notre petit cocon douillet, c'est bien beau, mais ça ne rentre pas dans un sac... J'ai donc dû partir avec peu et me contenter de peu pendant un an. Bien que je ne sois pas non plus partie au fin fond de l'Afrique - les magasins ne sont pas ce qui manque là bas - mais le plaisir du shopping n'est pas le même quand on sait que tout ce qui sortira du magasin sera un poids en plus dans le sac... et par conséquent sur le dos. Tout achat est donc à étudier et valider après mûre réflexion. Et il faut parfois se résigner, quitte à user jusqu'à la trame les shorts et tshirts qu'on a déjà. "Voyager heureux, c'est voyager léger" disait Saint Augustin.

De même, pouvoir avoir sa propre chambre, avec ses repères, son petit confort, un endroit qu'on connait, savoir qu'on pourra chaque soir dormir dans un lit confortable, prendre une douche tous les jours, se préparer des bons petits plats dans une cuisine digne de ce nom... Partir en voyage, à l'aventure, c'est se préparer à oublier parfois tout ces petits détails du quotidien. Accepter de passer 3 jours sur la route sans prendre de douche (baaaahhhhh!!!!), manger des pâtes à toutes les sauces, faire abstraction de la "craditude" d'une cuisine de backpacker (sans parler des douches), partager une chambre avec 6, 10, parfois 12 personnes (parfois plus et parfois avec autant de ronfleurs...), ne pas se gêner pour aller squater (en toute illégalité) les douches d'un camping en mode "ni vu ni connu", faire de son couteau suisse son plus grand ami, passer deux semaines sans plus un rond dans son compte en banque et survivre malgré tout, apprendre à supporter les mouches, moustiques, araignées et autres bestioles pas très sympathiques...
Au bout d'un an, je me dis que notre petit confort est certes rassurant, mais il ne fait pas tout. Et la question du gros bagage qui au départ était ma principale préoccupation est maintenant passée loin derrière mes priorités actuelles. Car le poids d'une valise n'est rien comparé au poids des souvenirs que j'ai maintenant et la quantité de découvertes et d'échanges que j'ai pu faire pendant cette année à l'autre bout du monde.

On part souvent le coeur lourd de laisser tout le monde derrière soi, loin de nous. Mais si on ne saisit pas cette occasion de s'ouvrir au monde lorsqu'on le peut, quand le fera-t-on? Et personne, ni même des reportages télé ou des livres, ne pourront le faire à notre place.
Je ne trouve jamais de réponse à la question qu'on me pose toujours : "Alors, c'était comment?"... Un simple "c'était bien" se trouve soudain dénué de sens. Oui c'était bien, génial même, mais ça ne résume pas tout. D'ailleurs comment résumer toutes ces expériences, ces rencontres, tous ces paysages, ces kilomètres parcourus, ces sentiments de plénitudes, mais aussi ces peurs, ces moments de doutes et de solitude... C'est un tout qui nous laisse plein de souvenirs, une expérience dont on ressort grandi. On aura beau ramener plein de souvenirs matériels, le plus gros et le plus beau souvenir se trouve dans notre coeur et notre tête, dans une boite certainement plus grosse qu'on ose l'imaginer et qu'on se fera un plaisir d'ouvrir n'importe où et à n'importe quel moment.

 "Voyager, c'est grandir. C'est la grande aventure. 
Celle qui laisse des traces dans l'âme." Marc Tiercelin


J'espère, par ce blog, vous avoir fait voyagé avec moi à travers les mots et les photos (peut-être même que cela vous aura donné envie de partir à l'aventure vous aussi...). Ce blog sera en vacances pendant quelques mois, le temps de profiter de tous ceux que je n'ai pas vus pendant un an et de travailler pour racheter un nouveau billet afin repartir de plus belle ! 

A très bientôt ! See ya !

2 commentaires:

  1. BRAVO MA NIECE POUR CE BEAU RESUME DE LA VIE PEUT ETRE TROP CONFORTABLE,AVEC NOS PETITES HABITUDES,NOTRE MANQUE D ELAN ET DE GENEROSITEE D ALLER VERS LES AUTRES VOIR MEME D EGOISME.IL FAUDRAIT PLUS SOUVENT PARTIR A LA DECOUVERTE......
    JE PENSE QUE L O EN REVIENDRAIT QUE MIEUX........... BISOUS T ML............

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  2. Merci la Miss...
    Pour nous faire partager ton voyage...nous faire rêver...nous faire partager tes découvertes...merci encore pour cette philosophie..."Voyager, c'est grandir."
    Bravo encore, pour ta volonté, ton courage, ta ...Niak.. et encore + grosses Biz

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