8 juillet 2011

Au nord... y'avait les crocos...



Je vois que les mails du genre "t'es où?" "tu t'es fait manger par un croco?" "t'es partie vivre avec un bel australien dans le fin fond de l'outback" se multiplient... il est temps de donner des petites news... A la demande générale, voilà donc un nouveau petit article !  J’avoue qu’avec ce soleil hivernal, on est plus tentées d’aller sur la plage que de se poser devant l’ordi… Alors que s’est-il passé en un mois ?

On a quitté Alice Springs et son mauvais temps pour aller toujours plus au nord , toujours plus au chaud à Katherine.  3 jours de voiture en lift avec deux français, avec une escale le premier soir au Devils Marbells.  On a planté la tente dans le noir, on s’est réveillés aux pieds d’un paysage étrange…
  



Un dingo surveille les lieux...

Les Devils Marbel (ou pour la version française, les « billes du diable ») ressemblent effectivement à un jeu de billes géantes dont les joueurs auraient soudain abandonné la partie pour partir boire une bière je ne sais où. Des dizaines et des dizaines de billes de roche énormes dispersées et entassées un peu partout.  Certaines semblent en équilibre, d’autres  sont coupées en deux comme si elles avaient été sciées. Etrange cette Nature parfois…  Selon une croyance aborigène, il s’agirait du Serpent Arc-en-ciel qui se serait gentiment soulagé sur son passage… Une autre histoire aborigène raconte que ce lieu serait hanté par les esprits des ancêtres et que quiconque s’aventurerait à se balader dans ce décor ne pourrait jamais en ressortir. Il parait que quelqu’un n’en est jamais revenu… Bon, les histoires de fantômes, ça nous fait plutôt sourire, alors on a pris le risque… et on est toujours là !
Après s’être amusés à escalader un peu partout, retour sur la longue route de l’outback en compagnie de nombreux road trains. Pour la deuxième nuit nous avons élu domicile dans le lit d’une rivière asséchée. Lieu parfait pour y planter la tente sur un sol sans cailloux et avoir du bois flotté à profusion pour le feu. De l’autre côté de la route, l’eau stagnante, vestige de la Wet (saison humide), nous a permis d’observer une faune incroyable d’oiseaux en tous genres s’agitant et piaillant au coucher du soleil.
 

Question agitation, on sait faire nous aussi, surtout quand on se fait réveiller en pleine nuit par des trombes d’eau, transformant le sol en véritable marécage et menaçant de piéger la voiture… Question number one : « qu’est-ce qu’on fait ? on replie la tente et on se fait arroser ou on attend au sec que ça se calme ? » Question number too : « ça devient vraiment marécageux là… Ça réagit comment une rivière « asséchée » dans le nord tropical ? » Réaction number one (en fait on n'a pas pris le temps de réfléchir à une number too) : on décampe ! on n’a pas envie de rester coincées là ! On a au moins retenu une chose: ne jamais camper dans le lit d’une rivière asséchée !
Plus de peur que de mal, la voiture au sec nous avons repris la route direction Mataranka quelques heures plus tard pour un petit plongeon dans une source d’eau chaude, à l’abri des crocos et sous l’œil d’un Koukaboura (le fameux martin pécheur obèse au chant rieur).


Les derniers kilomètres pour arriver à Katherine ont filé dans un paysage cette fois différent : de part et d’autre de la route des centaines de termitières émergeaient du sol. Parfois toutes petites, parfois gigantesques et plus hautes qu’un homme, et ressemblant parfois à des statues humaines. Impression bizarre de traverser un cimetière géant.
Arrivés à Katherine… En route pour un nouveau wwoofing ! Petrena et Alex, nos hôtes pour une semaine, tiennent une galerie d’Art Aborigène dans Katherine et une autre à la sortie de la ville et vendent les œuvres de Manuel, un aborigène qui travaille chez eux et d’autres aborigènes du coin. Notre travail a consisté à faire du gardening (jardinage). Le reste du temps on l’a passé au bord de la piscine ou bien à s’amuser avec Annie, un bébé wallaby à qui il fallait donner le biberon et qui sautillait autour de nous quand on dinait... trop cute ! on l’aurait bien ramené avec nous ! On a aussi essayer d’apprivoiser Edwina l’Emu. Pas facile d’ailleurs de désherber un enclos d’emu quand celui-ci vient surveiller avec son gros bec ce que vous êtes en train de faire…  Surtout quand il a une dent contre les français ! Du coup pour me venger, je lui ai piqué plein de plumes, je pourrai me reconvertir et aller danser au crazy horse en rentrant !



Faire du wwoofing dans une galerie d’art aborigène, c’est top car tous les jours vous pouvez admirer les peintures, les dijeridoos, les boomerangs et plein d’autres choses encore, mais surtout vous pouvez participer tout frais payés à une « cultural experience ». Nhin???! De quoi est-ce ? Un truc attrape touristes hors de prix mais bien sympa quand même qui vous offre la possibilité de vous immerger dans la culture aborigène. Un pack tout compris où vous pouvez écouter les histoires de Manuel et de sa tribu victime de la génération volée, l’écouter jouer de didjeriddo, apprendre à faire du feu à la façon abo, vous initier à la chasse au kangaroo avec une lance (bon ok, c’est plus facile avec un faux qui bouge pas), jouer au boomerang (surtout apprendre à le rattraper) et… dessiner votre propre peinture aborigène !!! Saurez-vous reconnaitre l’original et ma version ?





Malheureusement, d’autres wwoofeurs arrivant après nous, on n’a pas pu rester longtemps. Petite escale dans un backpack à Katherine, le temps d'aller explorer les Katherine Gorges, connues ici sous le nom de Nitmiluk National Park. Il s'agit d'un park de 230 000 hectares, où serpente Katherine River et renfermant 13 gorges séparées par des rapides (pas très rapides pendant la saison sèche) et des cascades. L'occasion de vous raconter une autre légende abrigène... Il est dit qu'au Temps du Rêve, Nabilil, une sorte de dragon, aurait décidé de camper à l'endroit où aujourd'hui la rivière se jette dans la mer. Il aurait peu à peu avancé dans les terres, entrainant dans son sillage des litres d'eau avant de s'arrêter à l'endroit où se situe la 13e gorge. Entendant le chant des cigales "Nit nit Nitnit", il a décidé d'appeler cet endroit Nitmiluk. Normalement, durant la dry saison (la saison sèche), il est possible de parcourir les gorges en canoë. Malheureusement, à cause de la météo pluvieuse qu'il y a eu ces derniers mois, les crocos on décidé de s'entraîner au dos crowlé ici plus longtemps que d'habitude. On a donc joué les touristes à bord d'un bateau au milieu d'un paysage sublime... de l'eau, des rochers, de l'eau, des rochers, des peintures rupestres, de l'eau, des rochers, de l'eau, une cascade... et des crocos !

 


  

 



On a ensuite repris la route direction Darwin (en bus, cette fois, à cause d’un malentendu au sujet d’un lift. On attendait le mec à Katherine, il nous attendait lui aussi… mais 1000km plu au sud à Alice Springs… heu on s’est pas bien compris là, non ?). 
Piouf ! ça y est ! on a traversé toute l’Australie du sud au nord ! 3800 kilomètres !!!! comme si vous partiez de Lisbonne pour aller à Moscou avec seulement une dizaine de villes entre les deux. Cela nous a d’ailleurs fait bizarre de partir d’Alice Springs : 5 minutes après avoir quitté le centre ville vous vous retrouvez de nouveau au milieu de nulle part sans plus aucune maison. Et pourtant quand vous êtes dans la ville, vous oubliez que vous êtes au centre de l’outback. 26 000 habitants vivent dans ce nombril australien, isolées du reste de l’Australie à 500km à la ronde.
Arrivées à Darwin, on était pas mécontentes de retrouver un peu de civilisation ! Baptisée du nom du célèbre naturaliste, Darwin est une ville calme et plutôt agréable située en bord de mer. Si agréable qu’elle est aussi surpeuplée de backpackers qui comme nous se sont dit que ce serait bien d’aller passer l’hiver au soleil et de chercher du boulot sur place. Résultat, le soleil est là, mais le boulot… nothing. On a passé une aprem à parcourir la ville cv en main et à frapper à toutes les portes… Mais ça sound pas good, toutes les places ont déjà été prises d’assaut. Après deux nuit dans un backpack de luxe avec piscine et pourtant un des moins chers de la ville, on décide d’arrêter de gaspiller notre argent inutilement et on part pour Palmerston, à 20 minutes de Darwin pour un nouveau wwoofing (oui encore ! mais quand on veut économiser, ya pas mieux ! Et cela nous permettra de chercher du boulot plus sereinement. 

Darwin city et son bassin artificiel en plein centre ville


L'esplanade longeant la mer

Notre backpack de luxe

Voilà pour la suite de notre aventure dans le Northern Territory. Coming soon :  plus de détails sur notre dure vie de wwoofeurs sous le soleil exactement...

PS : j'ai mis à jour la rubrique "où nous écrire"... Pour ceux qui seraient pris d'une soudaine et incontrôlable frénésie d'écriture, you're welcome !

4 commentaires:

  1. Chic ! J'ai trouvé un copain !!! Ton croco flottant entre deux eaux est tout à fait à mon goût! Prends-en soin c'est peut-être mon futur sac à main ou ma paire de pompes !!
    Tes photos sont toujours superbes et nous bavons de jalousie devant tes sources d'eau chaudes: ici les seules que je connaisse sont les robinets d'eau chaude! question débit, ce n'ai pas le top!
    le croco qui nage le crowl.

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  2. Bonjour! nous avons vu tes belles photos surtout celles du petit kangourou!
    Ici ,on est bien(chez B.M. et O.P)
    On regarde les photos tous les jours et on court aussi vite que des kangourous en jouant à cache-cache.
    Gros,gros,gros bisous!

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  3. bonjour,ma doun et adelaide,Il est mignon comme tout votre petit à qui vous donnez la tété,quel est le nom du pére?

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  4. Contente d'avoir de tes nouvelles.
    Quel paysage ! quelles cascades ! et ces billes rouges surprenantes!
    Je comprends que tu n'es plus le temps de mettre à jour ton blog, entre la plage, la peinture, le lancer de boomerang etc... il te faut du repos.
    Enormes bisous de
    Who!!!

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